Elle était pleine de méfiance…

Créé par le 30 déc 2017 | Dans : Non classé

Elle était pleine de méfiance, en alerte. Ses yeux étaient plissés et elle semblait regarder dans tous les endroits en même temps. Elle approcha sa main de son couteau de combat attaché à la ceinture, au-dessus du maillot. En bandoullière, une énorme cartouchière en gros cuir remplie de balles meurtrières avec une mitrailleuse qui se balançait sur le dos, sous un blouson en jean délavé. Elle n’était pas là pour faire du tourisme écologique. On l’avait engagée pour venir m’aider à rendre ma vengeance plus complète. C’était une mercenaire et comme tous ces professionnels du genre, elle raffolait des armes et de la guerre. Elle était colonelle depuis déjà dix ans. La savane, les rizières, la forêt tropicale, les fleuves rapides, le maquis, les pluies de la mousson, c’est là où elle vibrait, c’est là où elle jouissait, c’est là qu’elle devenait une assassine professionnelle… On la payait pour tuer. Elle était redoutable dans sa tenue kaki, sous ses peintures de guerre. Aujourd’hui, elle faisait celle qui rentrait de la plage et qui se dirigeait vers le cartel, seulement son sac ne contenait pas de serviette de bain ni de crème solaire ou roman policier. J’étais à l’affut, caché en haut d’un arbre, à mille mètres de l’entrée principale muni d’un fusil à lunette. Elle servirait d’appât, pour attirer les gardes armés jusqu’aux dents, au cas où… Elle avait l’habitude de « jouer » à ce jeu-là. Ex championne en Roumanie et au Laos de Muay Thai, elle pratiquait le kung fu et d’autres arts martiaux, elle maniait le couteau comme peu savait le faire. Véritable machine à tuer, surprenante en vitesse d’action et précision, elle se surpassait chaque fois davantage après chaque nouveau meurtre. Ses yeux brillaient de satisfaction, elle était passionnée par son métier. Après s’être faufilée jusqu’au parking, sans attirer l’attention, elle monta dans un camion bien chargé d’explosifs et de pains de plastic, puisque c’était cela qu’elle transportait dans son grande sac de plage et qu’elle bloqua sous le volant … Elle desserra le frein à main et ressortit du véhicule en roulant dans le fossé. La pente douce qui menait au bâtiment du cartel était peut-être la seule erreur qu’ils avaient fait en choisissant leur planque, là où ils torturaient aussi, ceux et celles qu’ils appelaient les traitres. Ce lieu pire que l’enfer duquel j’avais pu m’échapper et qu’aujourd’hui je revenais exterminer et rayer de la carte pour venger tous ceux qui y avaient péri. J’y avais été séquestré, mutilé et presque tué. J’avais subi des tortures que je ne pourrais décrire – je n’en ai pas la force, le souvenir est encore trop fort, je ne veux pas le ranimer, j’ai trop souffert…

Nous avions, elle et moi à éliminer à peu près une vingtaine de tortionnaires, des sadiques sanguinaires que la souffrance des autres faisait éructer et remplissait de plaisir et de jouissance. Des malades sans aucunes limites qui s’amusaient à découvrir des moyens chaque fois plus atroces et vicieux d’appliquer la torture. Certains d’entre eux, les plus vieux, avaient fait partie des dictatures militaires en Amérique du sud et en Afrique.

L’entrée par lequel le camion passa n’était protégée que par une barrière mécanique que le garde armé manipulait de sa guérite. Le véhicule avait maintenant assez prit de vitesse pour détruire la barrière et continua sa course en allant exploser au milieu de la cour dans une puissante détonation qui mit le feu à l’un des bâtiments principaux. De là où j’étais, grace à la lunette de mon fusil je pus compter les quatre premiers tortionnaires morts. Cette explosion fit sortir presque tous les criminels. À part six qui étaient restés blottis dans les sous-sols, certainement dans l’endroit blindé, abri anti-bombes, bunker indestructible où se passaient d’horribles expériences… Les huit s’étaient éparpillés dans la cour parmi les décombres armés de sortes d’extincteurs qui diffusait un gaz acide et brûlant et de lance flammes puissants. Plein de sang froid, je visai le crâne de l’un d’eux qui tomba raide mort, puis un second qui s’était rapproché un peu trop de l’arbre où j’étais… Puis un troisième qui essayait d’atteindre ma comparse avec son extincteur de malheur… Mon aide s’était introduite dans la cour après avoir tranché la gorge d’un garde qui tenait un lance flammes. Elle s’approcha ensuite telle un ninja et alla planter sa lame derrière la tête d’un autre soldat de misère juste au-dessus du cou en faisant tourner la lame de son couteau, puis s’empara de sa mitralleuse qui paraissait cracher des flammes, elle tira en raffrale, surprenant et faisant disparaître les quatre autres qui n’eurent pas le temps de riposter. Le feu continuait de plus belle et une fumée très chargée et opaque montait dans le ciel. Nous dûmes changer de place. Après avoir vérifié et confirmé l’état de chacun, je descendis de l’arbre. Quant à elle, elle s’était un peu écartée, restant quand même aux aguets. Nous allions devoir, comme prévu, attendre maintenant. C’était une sorte de pause. Les six qui restaient encore étaient complètement protégés, enfin pas complètement… Car j’avais pu, même dans les pires moments que j’avais passés, étudié les lieux avec précision. Je savais que où ils étaient, il y avait une bouche d’aération. Il fallait maintenant y déverser du gaz et y mettre le feu pour faire exploser leur abri et eux avec. C’était mon plan, j’avais pour cela apporté un long tuyau en cuivre qui propulserait le gaz dans le couloir d’aération. Ensuite, la chaleur dégagée par les ampoules électriques, et la grande chaleur du bâtiment en flammes suffirait à provoquer un incendie. Au cas où ils resortiraient, nous serions là, l’oeil collé à la lunette du fusil ou avec la mitrailleuse, ne leur laissant aucune chance de survie… Au milieu de ce gigantesque brasier, me voilà faisant rouler une grosse bouteille de gaz de 45 kg. avec un diable. Heureusement le canal d’aération se trouve de l’autre côté, un peu protégé, j’enfile le rouleau de tuyau de plomberie dedans et je compte dix bons mètres qui pénètrent facilement ce conduit. Je fixe l’embout à la bouteille et je tourne le robinet à fond, je m’écarte en me plaçant dans le mirador du garde resté intacte. Elle a revêtu maintenant son pantalon militaire et ses grosses rangers, elle s’est placée bien en face de la sortie du bâtiment principal à presque 500 mètres couchée par terre, elle a installé son arme sur un trépied.

Comme prévu, le gaz au contact de toute cette chaleur prend feu. Les six qui s’étaient cloisonnés sortent en courant complétement affolés. Il y en a deux qui vont s’écrouler dans la cour en feu, dans des hurlements horribles une souffrance, que je semble, un court moment, apprécier. J’en achève un d’une balle dans le crâne, ma complice fait de même avec l’autre. Les quatre derniers sont armés, habillés d’une combinaison en amiante (incroyable !) Ce sont eux-aussi des soldats bien entraînés, ils tirent en raffale, en se déployant en demi cercle. L’un d’eux prend une balle dans la hanche et arrive à se cacher dans une voiture. Nous perdons de vue les trois autres…

30-12-2017

Tous ces camions…

Créé par le 28 déc 2017 | Dans : Non classé

Tous ces camions venaient à peine d’arriver pour décharger. Il y en avait une bonne vingtaine, ils avaient attendu toute la nuit pour rentrer dans le port. Le gardien avait reçu, comme à son habitude, une grosse enveloppe pour ne rien voir… C’était d’énormes camions remorques, plusieurs tonnes de bois natif illégal provenant des profondeurs de la forêt étaient empilées. On avait bien graissé la patte de chaque chauffeur, les mecs n’avaient rien demandé, trop contents de se faire un supplément comme ça la veille des fêtes de fin d’année. Ils avaient traversé les sentiers qui étaient devenus des routes aujourd’hui. Et cette expédition durait depuis plus de vingt ans. La déforestation meurtrière, la destruction de la forêt vierge devenait chaque année plus catastrophique. Les mouvements écologistes étrangers ne suffisaient pas, les propres organisations gouvernementales tellement corrompues, ne voyaient pas la situation lamentable qui était en train de s’opérer et qui s’abattait sur leur pays. D’ailleurs, est-ce qu’ils s’y intéressaient ? Les dessous de table, les avantages économico-politiques de toutes sortes leur fermaient les yeux et ils pouvaient dormir sans remords, le reste ce n’était pas leur affaire …

Au petit jour, les camions commencèrent à sortir du quai, vides; toutes leurs cargaisons avaient été déchargées dans les cargos étrangers. Il y avait au bas mot environ trois ou quatre hordes de camions par mois qui suivaient ce chemin. Tout le monde le savait, beaucoup l’attendait avec impatience, personne ne bronchait, l’argent circulait, le deal de bois exotique faisait vivre presque la totalité des habitants du pays… Le dénoncer ? Écouter les idées écologistes ? Protéger la forêt pour les générations futures, à quoi bon ? Sans ce traffic comment la population aurait-elle pu survivre ? On ne pensait pas aux lendemains, on se refusait d’y penser. Quelques-uns avaient essayé de combattre et de contrer les exploiteurs milliardaires; ils avaient disparu, on ne les retrouva jamais plus. Tout le monde savait qu’il ne fallait pas aller contre ce commerce illégal, sous peine de disparaître aussi…

Pourtant une bande d’allumés aux idées libératrices et libertaires, guerilleros anti-capitalistes s’était formée. Les protecteurs de la forêt étaient en guerre. Ils faisaient de la résistance; ils mettaient le feu aux camions, détruisaient les entrepôts d’outils lourds de ces bûcherons de malheur. Les coutelas, les tronçonneuses, les réserves de pétrole étaient volés, détruits ou brûlés. Ils difficultaient le mouvement des camions en faisant exploser des ponts. Ils allaient même jusqu’à couler certains navires étrangers de la marine marchande. Véritables terroristes, pour la nature, à faveur de l’équilibre terrestre et de la protection de la forêt. Ils donnaient jusque leur vie pour arrêter ce désastre. Le fait de combattre tous ces puissants internationaux ne leur faisait pas peur. Ils n’avaient qu’une idée en tête : arrêter ce carnage, ce fléau, cette cruelle déforestation. Il fallait contrer tout ça, continuer chaque fois davantage cette résistance. Ils étaient armés, parmi eux d’anciens militaires, des natifs indigènes, des étrangers aussi, des sorciers, des scientifiques, des chimistes, une pensée anarchiste régnait. Ils se multipliaient en silence, persuadés qu’il fallait stopper tout ça. Pour eux, ces libérateurs kamikazes, pas de baratins politiques, pas de négociations, pas de manifestations pacifiques. Des fusils, de la dynamite, la lutte armée avant tout. Révoltés, forts, pas assez nombreux pourtant mais suffisament pour géner et détruire presque tout ce sale commerce qui ne comblait que quelques ultra riches, millionaires et milliardaires héréditaires ne pensant qu’à posséder le pouvoir encore et encore… Oui, ils faisaient du terrorisme et en feraient toujours, au nom de la terre, de la forêt, de la planète bleue (qui tourne au violet). Ils n’avaient jamais eu envie de stopper leurs attentats. Ils contraient presque les 100% de toutes ces allées et venues dans la forêt tropicale. Les camionneurs eux aussi s’étaient armés à présent. Une véritable guerre du bois, écologique et meurtrière durait déjà depuis plus de vingt ans. S’ils se faisaient tuer, une dizaine semblait renaître de leur dépouille et attaquait à leur tour. La volonté était trop forte, indestructible et protectrice, elle se voulait naturelle…

https://www.youtube.com/watch?v=3XxrBsOtu_k

28-12-2017

Comment en était-il arrivé…

Créé par le 27 déc 2017 | Dans : Non classé

Comment en était-il arrivé à se mettre à genoux devant cet arbre ? Il semblait lui demander pardon, pleurait en touchant son écorce, tremblait en sentant ses racines découvertes, vibrait en regardant ses feuilles qui frissonnaient au vent. Il s’était prosterné envahi d’une grande mélancolie, d’un regain de mystère, d’une idolâtrie méconnue, il se sentait à même de se dévoiler l’esprit devant cet être cher pourtant si inconnu. Lui, qui formait la forêt depuis tellement d’années dans un amour arboricole unique et multiple en même temps, relié par le même sol, se nourrissant aux mêmes ressources de la terre et étant pourtant si différent de l’arbre d’à côté. Il était à genoux et demandait pardon, il voulait écouter ce qu’il devait faire et il savait bien sûr qu’il pourrait le lui dire, qu’il recevrait une réponse. Mais comment donc faire pour écouter un arbre, comprendre son message quand on n’est qu’un humain qui vient là pleurnicher devant l’autorité ? Il aurait dû savoir ce qu’il fallait faire mais ne le savait pas, il n’avait jamais su comprendre tous ces troncs, ni marcher sur  les feuilles qui se désintégraient après avoir jaunies et s’être désséchées pour là se mélanger à tout ce tas de cendre, ces restes de fougères, ces sables argileux, ces énormes fourmilières et ces de nids de scorpions. Aller se prosterner ? Voilà bien une chose qu’il aurait due apprendre, pour comprendre clairement ce qu’il restait à faire. Il était trop sceptique, aux tendances destructives. Même face au besoin, il n’avait pas de foi, ne vénérait aucun de ces soi-disant dieux. Alors quand il se vit à genoux, implorant je ne sais quel esprit, devant cet « être-là » habitant des forêts, essayant de parler, d’entamer un dialogue avec tout ce vieux bois, si imposant, si droit, intransigeant aussi (il devait bien avoir au-delà des cent ans), il se mit à penser… Dans cette position, complètement couché, les deux bras allongés en prolongement du corps, implorant le pardon, d’une manière insensée, sans trop savoir comment, il fut pris d’une transe encore jamais vécue. Il devint la racine, les nervures de la feuille, le noeud d’une des branches, la sève et puis l’écorce. Ce n’était plus des ongles qui terminaient ses doigts tout roses et pleins de terre, mais de jeunes feuilles oblongues, comme des petites nageoires. Ses mains étaient palmées, il s’immobilisa tout en s’épaississant. Il lui poussait des feuilles sur sa peau verdoyante, se métamorphosant en arbuste épineux, les pieds et les mollets recouverts de racines. C’était du jamais vu et il communiquait ! Il était le premier a avoir pu muter en homme végétal ! Ça y est il comprenait, il avait tout saisi, il se prosternerait désormais sans répit. Mais allait-il pouvoir redevenir humain ?

27-12-2017

http://www.lesinrocks.com/2016/12/04/idees/plantes-permettent-de-comprendre-monde-11884386/

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