Rien ne s’était passé…

Créé par le 17 jan 2019 | Dans : Non classé

Rien ne s’était passé depuis la dernière fois où on l’avait trouvée complètement débraillée couchée sur le pavé tout près de l’atelier, une odeur de vinasse et d’urine mélangées sur ses fringues dégueulasses. Elle était donc heureuse d’avoir pu s’échapper sans même qu’on la remarque. Personne n’avait compris ce qu’elle avait prédit, ça n’avait pas de sens pour la plupart des gens qui était là présents, et qui avaient suivi sa longue conférence. C’était pourtant à elle qu’il fallait recourir pour se faire distinguer des autres candidats. Il était essentiel qu’elle daigne nous écouter, après toute cette attente, on aurait dû comprendre qu’aucune hypocrisie ne semblait faire l’affaire, le savoir bien avant aurait sûrement aidé… Comment avait-elle fait pour bien nous persuader qu’il fallait s’intégrer aux autres dignités? Elle s’y était bien prise à ce rôle provocant et assez terrifiant. Redoutables actions, lamentables idées, nous ne pouvions dès lors lui restituer le don. Nous avions décidé de nous soumettre tel quel et presque entièrement. Nous remuions de l’air tout en la laissant faire pour qu’elle échauffe l’espace et nous rende perplexes. Nous résidions ainsi à l’orée des années, toutes celles que nous n’avions pas encore calculées. Ce revers de médaille, cette solution grotesque, ne nous rendait jamais, ne serait-ce qu’une extase. C’était de cette façon que nous l’appréhendions, par quelques pas de danse et nos deux corps serrés, nous repérions de loin le semblant d’une nausée, le grain d’une vérité, l’absence de folie dans laquelle nous passions le plus clair de ce temps que nous ne maîtrisions que d’une seule façon: complètement perdus, baignés de déraison, en jouissant d’amertume et de tendres abris que nous découvrions sans pouvoir défaillir, refusant d’expliquer ce qui reste à venir… À quoi bon insister ? Que pourrait-elle nous dire pour mieux nous ajuster ? C’était perdu d’avance, nous en étions certains, pourtant nous continuions…

17-01-2019

Personne ne savait…

Créé par le 15 jan 2019 | Dans : Non classé

Personne ne savait au juste combien de temps, elle était restée là-dedans. À vrai dire, tout le monde s’en foutait. On n’avait pas envie de s’occuper d’elle plus que ça. Ça n’était pas venu à l’esprit de beaucoup de s’inquiéter de sa santé ni de voir si elle avait besoin de quelque chose. Il n’y en avait eu que deux qui lui avaient adressé la parole et elle était restée à les regarder avec ses yeux sales pleins de pus en ouvrant la bouche d’un ton interdit. Quand elle s’était assise sur la pelouse devant l’hôtel 5 étoiles, le portier était venu lui dire qu’elle ne pouvait pas rester là. Il avait été assez sec et violent dans ses propos. Elle s’était tout de suite levée et partie en trottinant un peu. Il lui avait fait peur, ce mec avec sa casquette, elle l’avait pris pour un militaire russe. La deuxième personne qui l’approcha fut une sale bonne femme qui en la voyant lui avait dit qu’elle puait et devrait aller se laver, que ce n’était pas possible de sentir aussi mauvais. Elle ne s’inquiéta pas de cette réaction et ne la regarda qu’une seule fois rabaissant tout de suite la tête, en continuant son chemin doucement, traînant les pieds. Elle cherchait un endroit désespérément où elle pourrait passer la nuit et peut-être trouver quelque chose à manger dans un resto du cœur ou au secours catholique. Elle venait de sortir d’une vieille mine de charbon abandonnée où elle s’était perdue et avait passé presqu’une semaine à pouvoir en sortir. Son compagnon, avec qui elle vivait depuis trente-quatre ans, venait de mourir d’une pneumonie et elle avait perdu la raison en se laissant complètement aller, malheureuse à un point tel qu’elle avait perdu le goût de vivre et se comportait comme un animal, sans aucune dignité ni satisfaction, ne prenant plus de bains et ne lavant plus ses affaires qui s’étaient toutes noircies dans la poussière de charbon. Une cendrillon des temps modernes qui n’épouserait pas un Prince charmant…

15-01-2019

Elle n’avait jamais vu…

Créé par le 13 jan 2019 | Dans : Non classé

Elle n’avait jamais vu un mec dans son genre. Il avait, il faut dire, une drôle de dégaine. Elle se mit à poursuivre tous ses pas, à emprunter toute seule les chemins qu’il prenait. Elle voulait le connaître et lui scruter les yeux, découvrir ses ivresses, ses façons de penser. Elle avait, parait-il juste cela en tête. C’était comme un défi qu’elle voulait relevé. Elle était persuadée qu’avec persévérance, il lui aurait souri et qu’il l’aurait aidée à découvrir son âme et ses moindres idées. Son privé semblait même vouloir se dégager, elle comprenait un peu comment il s’y prenait pour faire ce qu’il faisait. L’endroit qu’il choisissait pour mieux se reposer, quelles étaient ses raisons, quand il se réveillait. Elle voulait tout entier savoir qui il était. Où donc il était né et puis ce qu’il aimait, quelles langues il parlait et ce qu’il écoutait. Pourquoi n’était-il pas venu ici avant ? Pourquoi était-elle donc si attirée par lui ? Un jour perdant sa trace, elle se mit à pleurer, elle n’aurait jamais cru qu’il puisse la tromper ni qu’il puisse disparaître comme ça sur un coup de tête sans qu’elle s’en aperçoive, et bien, c’était trop tard… Finalement, elle ne sut jamais qui il était, et elle ne connut pas ce qu’elle aimait chez lui. Elle aurait pourtant bien voulu s’y attacher, peut-être l’épouser et lui faire des enfants; c’est ce qu’elle se disait en prenant un kleenex et en se mouchant fort sur le pont du périph’… « Tu as dû lui faire peur » se disait-elle tout bas. « Il s’est sûrement bloqué et il a paniqué, tu n’aurais vraiment pas dû lui courir après. Maintenant, c’est fini, il ne reviendra plus, il restera toujours pour toi un inconnu. A-t-il une voix douce et le sens de l’humour ? Tu peux bien t’accrocher, tu ne le sauras pas… » 

13-01-2019

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